Crée en juillet 2003, l'ADEM est une association de loi 1901, qui souhaite favoriser
l'intégration des maliens en France et au Mali. Les actions d'ADEM France ont pour but
l’insertion des diplômés, étudiants et cadres maliens souhaitant réintégrer la vie économique
et sociale au Mali par le dialogue et la concertation auprès des autorités compétentes
maliennes et françaises. L’association travaille actuellement sur un projet d’insertion
professionnelle qui pourrait intéresser vos services et nous permettre de développer un
partenariat.
L’ADEM est partie du constat que la capacité des pays du Sud à produire des richesses
s’est considérablement affaiblie au cours des dernières années. Non seulement la fixation des
prix des matières premières leur échappe, mais ils doivent subir une concurrence accrue par le
phénomène de la mondialisation. Dans ces conditions, leur jeunesse souffre de la pauvreté ou
du chômage. L’employabilité des jeunes n’est plus assurée par la fonction publique,
aujourd’hui saturée. Le secteur informel devient prédominant et le marasme économique,
aggravé par la paupérisation, offre peu d'espoir à une jeunesse active mais sans soutien.
Nombreux sont alors ceux qui choisissent l’immigration comme une solution aux difficultés
qu’ils rencontrent. Ils trouvent, dans leur pays d’accueil, des moyens de se former, et s’y
dotent d’outils nécessaires pour contribuer au développement endogène du Mali. Aujourd'hui,
force est de constater que ces jeunes Maliens de l'extérieur constituent une richesse qui mérite
d'être capitalisée en termes de ressources humaines. L’immigration est, depuis quelques
années, non plus considérée comme une faiblesse pour les pays d’origine, mais bien au
contraire, peut s’avérer un facteur de développement intéressant. Les Français d'origine
malienne (nés en France de parents immigrés maliens) regorgent également de talents qui
pourraient contribuer à l'émergence d'une culture de l'excellence. Sur le plan économique
voire industriel, ces jeunes peuvent être une locomotive pour drainer des investisseurs français
et étrangers vers le pays d'origine de leurs parents. Dans le souci de renforcer les capacités
socio-économiques du Mali à travers la capitalisation des expériences et la valorisation des
savoirs- faire, ADEM a inscrit dans son programme d'action 2008- 2009 un projet d'insertion
socio-économique mettant en synergie la France et le Mali. La mise en oeuvre de ce projet
nécessite l'implication de tous les acteurs et partenaires institutionnels qui participent à
l'amorce d'un véritable développement durable – raison pour laquelle nous souhaitons
aujourd’hui solliciter vos services.
La sous-employabilité des jeunes cadres maliens formés en France se pose en effet
comme un échec de l'immigration. Beaucoup de ces jeunes, après un 3ème cycle d'études en
France, se retrouvent dans les contraintes sociales qui les poussent à travailler comme
gardiens, coursiers ou comme agents de sécurité pour ensuite désapprendre. Ces jeunes
diplômés de l’enseignement supérieur français optent ainsi pour une précarité sociale ou
professionnelle faute de perspectives, alors qu’ils ont une formation et des compétences qui
peuvent permettre aux pays du Sud à relever le défi de la globalisation et de la croissance
économique pour un développement durable. Dans ce contexte, il semble dommage que
nombre de diplômés ayant acquis des compétences de haut niveau ne puissent pas les faire
valoir à leur juste mesure. Une des raisons qui permet de comprendre ce phénomène est
l'inadaptation des formations aux besoins sociétaux des pays en développement. La France
traverse, elle-même, à l'heure actuelle, une période de crise en ce qui concerne l'enseignement
supérieur. Les réformes en cours visent à améliorer la professionnalisation des étudiants pour
adapter, en partie au moins, les formations aux exigences du marché de l'emploi. Cela n'est
bien sûr valable que pour son propre marché de l'emploi et il conviendrait pour les pays dont
sont issus les étudiants issus de l'émigration, comme le Mali qui nous préoccupe ici, de mettre
en oeuvre un vaste programme d'information et d'orientation en faveur de ses ressortissants
qui souhaitent suivre une formation en France.
Le projet s’articule ainsi autour de trois volets essentiels : dans un premier temps
l’ADEM souhaite organiser un forum (courant mai) permettant la prise de contact entre les
diplômés, étudiants en France et les employeurs potentiels au Mali : ONG, entreprises
présentes au Mali. À cet égard des contacts très fructueux ont d’ores et déjà été pris avec
l’APEJ (association pour l’emploi et la promotion des jeunes : http://www.apej-mali.org/) qui
devrait être le partenaire principal de cette action. Dans un second temps, l’ADEM souhaite
aussi agir en amont, en proposant aux futurs étudiants en France une série de journées
d'information, à l’Université de Bamako, portant tant sur le marché de l'emploi au Mali que
sur les types de formation proposées par l'enseignement supérieur français. A l’heure actuelle,
l’agence edufrance au Mali, mais aussi à Paris, s’est montrée très vivement intéressée par le
projet et souhaite collaborer avec l’association. Enfin, l’ADEM souhaite fournir, tout au long
de l’année un service de suivi de projet professionnel à destination des jeunes maliens en
France afin de les aider à s’insérer. Il ne s'agit pas, ici, de se substituer aux grandes agences de
placement mais d'accompagner les diplômés vers ce type de structures. Beaucoup d'entre eux
ignorent en effet comment faire valoir des compétences qui leur semblent peu valorisées sur
le marché de l'emploi. Ils ignorent comment faire valoir, par exemple, leurs compétences
linguistiques (souvent leur langue maternelle, et plusieurs langues étrangères).
Le projet a d’ores et déjà obtenu le soutien de l’Etat qui a accordé à l’ADEM la mise à
disposition d’un volontaire associatif chargé de coordonner les différentes actions. Il
importe maintenant d’obtenir des partenariats solides afin de faire connaître cette initiative,
mais aussi de la mettre réellement sur pieds. L’ADEM ne bénéficie, à l’heure actuelle,
d’aucun soutien financier. La mise en oeuvre du projet ne nécessite pas d’investissement très
lourds, mais implique le soutien appuyé d’institutions comme la vôtre. Nous souhaiterions
ainsi solliciter vos services afin d’envisager ensemble, si notre projet vous semble intéressant,
les modalités d’une collaboration.
Justine MARTIN,
Vice présidente d’ADEM
Allocataire monitrice à l’Université Paris IV
Membre de l’Observatoire européen des politiques universitaires
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